Auto

Paiement du covoiturage : attributions et responsabilités

Le paiement d’un trajet en covoiturage ne constitue pas un revenu soumis à l’impôt, sauf si le conducteur réalise un bénéfice ou exerce l’activité à titre professionnel. L’employeur peut rembourser tout ou partie des frais engagés par un salarié pour ses déplacements domicile-travail en covoiturage, dans le cadre du forfait mobilités durables. Ce remboursement ne relève pas des cotisations sociales dans certaines limites.

La responsabilité en cas d’accident varie selon le profil du conducteur et le cadre de l’échange. La réglementation distingue strictement le partage de frais du transport rémunéré, ce qui influence directement les obligations de chacun.

Le covoiturage aujourd’hui : pratiques, enjeux et cadre légal

Les mobilités partagées prennent de la vitesse, et le covoiturage s’impose en tête de peloton dans la réinvention des déplacements domicile-travail. Les plateformes numériques structurent l’organisation de ces trajets, avec une précision qui n’a rien à envier aux services traditionnels. Derrière cette dynamique, un outil discret mais décisif : le registre preuve covoiturage, né de la loi d’orientation des mobilités. Grâce à lui, chaque trajet laisse une trace, vérifiable par les autorités organisatrices de la mobilité (AOM), qui peuvent ainsi ajuster leur plan de mobilité et mesurer l’effet sur les émissions de gaz à effet de serre.

Du côté juridique, la séparation est nette : le transport public d’un côté, le covoiturage de l’autre. Tant que le conducteur ne réalise pas de bénéfice, l’activité reste du partage de frais. La justification du paiement, sa traçabilité, deviennent des garde-fous, protégeant conducteurs et passagers. Maintenir la limite entre mobilité partagée et activité professionnelle : voilà le défi qui pèse sur les plateformes et les utilisateurs.

En France, le forfait mobilités durables ouvre la voie : il facilite la prise en charge des frais liés aux trajets domicile-travail. Peu à peu, le plan de mobilité s’installe dans le quotidien des entreprises et collectivités, solidement appuyé par un cadre réglementaire. Les services de covoiturage s’insèrent dans une stratégie plus large : réduire l’empreinte environnementale et fluidifier les déplacements quotidiens.

Qui paie quoi ? Comprendre les attributions et responsabilités autour du paiement

L’organisation du paiement en covoiturage ne laisse rien au hasard. Conducteur, passager, plateforme : chacun a sa part à jouer, définie par la réglementation. Pour le conducteur, la somme perçue couvre généralement les frais du trajet : carburant, péages, usure du véhicule. Ce montant ne doit pas dépasser un certain plafond, fixé par la loi, afin d’éviter toute requalification en transport à titre onéreux.

Les plateformes de covoiturage, qu’elles soient numériques ou intermédiaires humains, facilitent la mise en relation, encaissent parfois les paiements, puis reversent la somme au conducteur, déduction faite de leur commission. Ces flux financiers s’inscrivent dans un cadre fiscal précis. Le code général des impôts est clair : tant que les remboursements ne dépassent pas le coût réel du trajet, ils ne sont pas considérés comme un revenu imposable pour le conducteur. La responsabilité civile du conducteur reste engagée, tandis que la plateforme doit jouer la carte de la transparence sur chaque transaction.

Pour mieux saisir les conséquences, voici les deux cas de figure les plus courants :

  • Si le conducteur propose le trajet sans réaliser de bénéfice, les sommes perçues ne sont pas concernées par la TVA ni par les cotisations sociales.
  • Dès que l’activité génère un profit ou qu’elle devient régulière au point d’être assimilée à une prestation de service, l’administration fiscale peut requalifier l’ensemble : impôt sur le revenu, contributions sociales et application du BOI-RSA-CHAMP sont alors de la partie.

Le forfait mobilité accordé par l’employeur pour encourager le covoiturage bénéficie, sous certaines conditions, d’une exonération de cotisations sociales. Cette disposition s’applique tant que le salarié respecte le cadre fixé par la réglementation et que la prise en charge reste dans la limite prévue. Les plateformes, quant à elles, doivent être capables de fournir la preuve de chaque paiement en cas de contrôle de l’administration fiscale.

Groupe de quatre personnes utilisant une application de paiement en voyage

Forfait mobilité durable et prise en charge des frais : ce que les employeurs et salariés doivent savoir

Désormais, le forfait mobilités durables s’est imposé dans le paysage des mobilités douces. Porté par la loi d’orientation des mobilités, il autorise l’employeur à prendre en charge, sur une base forfaitaire, les frais de covoiturage domicile-travail de ses salariés. L’objectif : encourager le partage des trajets, limiter les émissions polluantes, alléger le coût des déplacements quotidiens.

Ce dispositif s’adresse à tous les salariés du privé, mais aussi aux agents des services publics. Son montant, exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu dans la limite de 700 euros par an (plafond 2024), peut se cumuler avec le remboursement partiel d’un abonnement de transport public. Sa souplesse permet une adaptation fine selon les choix internes de chaque entreprise.

Pour bénéficier de cet avantage, il faut remplir certaines conditions :

  • Le salarié doit attester de l’utilisation effective du covoiturage, que ce soit par une déclaration sur l’honneur ou un justificatif fourni par une plateforme.
  • L’employeur n’est pas tenu d’accorder ce forfait : il reste libre de le mettre en place et d’en définir les modalités pratiques en fonction du dialogue social interne.

La prise en charge des frais intègre également l’alimentation des véhicules électriques ou hybrides utilisés pour les trajets domicile-lieu de travail. Le code du travail encadre l’ensemble, en fixant un socle commun tout en laissant place à la négociation collective. Ce dispositif traduit une mutation profonde des pratiques de mobilité durable au cœur des entreprises françaises.

Au fond, le paiement du covoiturage dessine aujourd’hui une frontière nette entre solidarité et professionnalisation. Sur cette ligne de crête, chaque acteur doit garder le cap : partager sans basculer, avancer sans déraper.