Immo

La déductibilité de la taxe foncière des revenus locatifs

1 200 euros. C’est la somme moyenne qui s’évapore chaque année des poches des propriétaires, sans bruit, ni grande cérémonie. Derrière ce chiffre, il y a la taxe foncière, souvent perçue comme une fatalité, parfois oubliée dans le calcul de la rentabilité. Pourtant, ce prélèvement local n’est pas toujours une charge inéluctable : il existe des leviers pour en limiter l’impact, à condition de bien connaître les règles du jeu fiscal.

Lorsqu’il s’agit de déclarer la taxe foncière, tout ne se vaut pas. La part récupérable auprès du locataire, comme les ordures ménagères, n’entre pas dans la colonne des charges déductibles. En revanche, ce que le propriétaire assume réellement peut alléger sa facture fiscale. Beaucoup négligent cette subtilité et s’exposent à des erreurs de déclaration. Les conséquences, elles, ne tardent pas en cas de contrôle : redressements, rappels, mauvaise surprise.

La taxe foncière : de quoi s’agit-il et qui doit la payer ?

La taxe foncière frappe chaque année les propriétaires de biens immobiliers. Ce prélèvement local s’applique aussi bien aux particuliers qu’aux sociétés civiles immobilières, du moment qu’ils possèdent des propriétés bâties : appartement, maison, local commercial, mais aussi parking ou cave. Cet impôt s’inscrit dans la fiscalité directe locale. Sa base : la valeur cadastrale du bien, à laquelle s’ajoutent les taux votés par les collectivités territoriales.

Le montant à payer change selon la commune, la surface, la nature de l’actif immobilier et, parfois, l’usage des lieux. L’avis d’imposition tombe chaque automne ; le règlement s’effectue en une ou plusieurs fois, selon les options de paiement retenues auprès des services fiscaux.

Qui règle cette taxe ? C’est le propriétaire inscrit au 1er janvier de l’année concernée. Même si la vente intervient en cours d’année, c’est lui qui reste redevable. L’usufruitier, s’il existe, prend le relais. Le locataire, lui, n’est pas concerné, sauf pour les taxes récupérables comme les ordures ménagères.

Voici l’essentiel à retenir sur la taxe foncière :

  • Propriétés bâties : logements, locaux professionnels, dépendances
  • Période d’imposition : année civile, basée sur la situation au 1er janvier
  • Montant de la taxe foncière : calculé sur la base cadastrale et les taux locaux

À ne pas confondre avec d’autres impôts locaux, la taxe foncière s’applique à la propriété elle-même, indépendamment de l’usage ou de la mise en location du bien.

Peut-on vraiment déduire la taxe foncière de ses revenus locatifs ?

La question taraude les propriétaires bailleurs : la taxe foncière doit-elle être supportée intégralement, ou peut-elle venir alléger la note fiscale ? Tout dépend du régime d’imposition choisi. Deux voies s’opposent, avec des effets très différents.

Pour une location nue déclarée au régime réel, la déduction de la taxe foncière est possible. L’administration fiscale autorise à soustraire cet impôt local du revenu imposable, à condition de remplir la déclaration sous le régime réel. Attention : seule la part effectivement payée par le propriétaire est déductible, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères étant récupérable auprès du locataire et donc à exclure. En pratique, il suffit de reporter la somme sur la ligne dédiée du formulaire 2044 pour diminuer l’imposition des revenus locatifs.

À l’inverse, avec le micro-foncier, impossible de déduire spécifiquement la taxe foncière. L’abattement forfaitaire de 30 % appliqué aux loyers perçus englobe toutes les charges, sans distinction. Même logique pour le micro-BIC en location meublée, où l’abattement atteint 50 % (et même 71 % pour les locations touristiques classées). Seul le régime réel BIC (statut LMNP ou LMP) permet de déduire chaque charge, poste par poste.

Type de location Régime Déductibilité de la taxe foncière
Location nue Régime réel Oui
Location nue Micro-foncier Non (abattement forfaitaire)
Location meublée Micro-BIC Non (abattement forfaitaire)
Location meublée Régime réel BIC Oui

Les SCI soumises à l’impôt sur le revenu suivent le même principe : la taxe foncière devient une charge déductible si le régime réel est choisi. Le choix du régime fiscal n’est donc pas anodin ; il structure toute la stratégie de gestion locative et oriente la maîtrise de la pression fiscale.

Femme jeune analysant des reçus de location dans sa cuisine

Étapes simples pour appliquer la déduction et comprendre son impact sur vos impôts

Envie de profiter concrètement de la déductibilité de la taxe foncière sur vos revenus locatifs ? Procédez avec méthode : commencez par rassembler l’avis d’imposition de la taxe foncière, car c’est lui qui fait foi pour déterminer le montant taxe foncière effectivement payé sur l’année d’imposition.

Sur le formulaire 2044, une rubrique est prévue pour cette charge déductible. Renseignez la somme, sans intégrer la taxe d’enlèvement des ordures ménagères si elle est récupérée auprès du locataire. Ce point précis permet d’éviter tout litige en cas de contrôle fiscal. La déduction s’ajoute naturellement aux autres charges, telles que les dépenses d’entretien et de réparation ou les intérêts d’emprunt.

Voici les démarches à suivre pour déclarer correctement cette déduction :

  • Sur le formulaire 2044, indiquez la taxe foncière dans la rubrique “charges déductibles”.
  • Pour une location meublée au régime réel BIC (statut LMNP ou LMP), reportez-vous au formulaire 2031-SD ainsi qu’au formulaire 2042-C-PRO.

L’avantage ne s’arrête pas à l’impôt sur le revenu. Si le total des charges déductibles dépasse le montant des loyers encaissés, un déficit foncier se forme. Il vient réduire le revenu global du foyer, dans la limite de 10 700 euros par an (hors intérêts d’emprunt), et ouvre la voie à une fiscalité allégée. Maîtriser ces règles et piloter son dossier fiscal avec rigueur, c’est faire de la gestion locative un véritable levier d’optimisation.

Optimiser la fiscalité immobilière, ce n’est pas seulement respecter des cases à cocher. C’est une histoire de choix, de vigilance et d’opportunités à saisir. La taxe foncière, longtemps subie, peut devenir un levier pour alléger la note fiscale. À chacun de s’en emparer, avant que la prochaine échéance ne frappe à la porte.